Arrestation du maire d’Istanbul : la protestation s’amplifie en Turquie
La protestation qui s’amplifie en Turquie contre l’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, risque de provoquer une crise politique dans un contexte de difficultés économiques et d’instabilité régionale, où Ankara est un acteur majeur. Pour une troisième journée consécutive, des manifestations ont eu lieu en Turquie, notamment à Istanbul, à l’appel du Parti républicain du peuple (CHP), première force d'opposition à laquelle appartient M. Imamoglu. L'opposition turque a appelé à un grand rassemblement pour dénoncer l'arrestation du maire d'Istanbul pour Deux ponts et plusieurs grands axes permettant d'atteindre le siège de la municipalité d'Istanbul ont été fermés à la circulation vendredi pour 24 heures. Des appels à manifester ont été lancés dans plus de 45 villes à travers le pays, dont Izmir et la capitale Ankara. La dernière contestation populaire d’ampleur remonte à 2013, où des milliers de manifestants ont protesté contre un immense projet immobilier qui mettait en péril le parc Gezi d’Istanbul. Des incidents ont éclaté à Istanbul et à Izmir, dans l'ouest du pays, entre manifestants et policiers, ont rapporté des médias turcs. Cinquante-trois personnes ont été interpellées et 16 policiers ont été blessés lors de heurts avec les manifestants, selon les autorités, qui ont aussi interdit tout rassemblement jusqu'à mardi soir à Ankara et à Izmir (ouest), la troisième ville du pays, acquise à l'opposition. À Istanbul, épicentre de la protestation, les policiers ont fait usage de balles en caoutchouc, et à Izmir, troisième ville du pays, les forces de l'ordre ont utilisé des canons à eau, selon les images de télévisions locales. Des milliers de personnes ont répondu à l'appel de l'opposition pour manifester à Istanbul. Photo : afp via getty images / OZAN KOSE Accusé de M. Imamoglu est le principal opposant au président Erdogan et son potentiel adversaire à l’élection présidentielle de 2028, dans le cas où il décide de se représenter pour un troisième mandat. Dans la foulée de l’arrestation du maire d’Istanbul, le secteur de la justice est secoué par les soubresauts de la politique. Le bâtonnier d'Istanbul et les membres de son conseil de l'ordre, poursuivis pour La justice turque leur reprochait d'avoir réclamé une enquête sur la mort, fin décembre en Syrie, de deux journalistes kurdes turcs, visés par un drone turc, selon une ONG, dans une zone où des factions proturques affrontaient des combattants kurdes. Une procédure de destitution avait été lancée en janvier contre le bâtonnier d'Istanbul et son conseil de l'ordre. Le barreau d'Istanbul avait dénoncé en janvier une action juridique Le bâtonnier d'Istanbul est un ancien député du Parti républicain du peuple, auquel appartient le maire d'Istanbul. Avec les informations de Agence France-Pressecorruption
et terrorisme
. Au début des manifestations, les estimations des agences de presse faisaient état de 10 000 manifestants. Mais le chef du principal parti de l'opposition turque a affirmé que 300 000 manifestants étaient réunis vendredi soir à Istanbul.Nous sommes ici avec 300 000 personnes
, a clamé le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), devant l'hôtel de ville d'Istanbul où le parti avait convié la foule.Où que vous soyez, sortez de chez vous, réunissez-vous avec tous ceux que vous pouvez et marchez tous ensemble
, a lancé le président du parti, Özgür Özel, qui a pris la parole en soirée après le repas de rupture du jeûne du ramadan.Nous sommes dans la rue

Désormais, personne ne doit s'attendre à ce que le CHP fasse de la politique dans des salles ou des bâtiments. Désormais, nous sommes dans la rue et sur les places
, a prévenu jeudi soir M. Özel devant la municipalité d'Istanbul.La Turquie ne sera pas livrée à la terreur de la rue
, a déclaré le chef de l'État, Recep Tayyip Erdogan, affirmant que les manifestations à l'appel de l'opposition mèneraient à une impasse
.corruption
et de terrorisme
, le maire, Ekrem Imamoglu, devait être intronisé dimanche comme candidat du CHP à la prochaine présidentielle.La justice dans le tourment politique
propagande terroriste
et diffusion publique de fausses informations
, ont été démis de leurs fonctions vendredi, selon une décision de justice publiée en ligne par une association d'avocats.Aujourd'hui est un jour sombre. En ce palais de justice, nous avons peut-être assisté à l'effondrement de la justice
turque, a déclaré le bâtonnier d'Istanbul, Ibrahim Kaboglu, à la sortie du tribunal stambouliote de Çaglayan.Personne n'a le pouvoir de faire taire les barreaux
, a lancé à ses côtés le président de l'Union des barreaux de Turquie, Erinç Sagkan, dénonçant une décision honteuse
.sans aucun fondement légal
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